Devenir solennellement adulte
Les sociétés portent des évènements susceptibles de reconnaître la place de chacun au sein d’un groupe et dans son évolution personnelle. Les sociétés traditionnelles prévoient et mettent en place des rites de passage.
Des rites de tradition
Il s’agit notamment de passer de l’enfant à l’adulte. Plusieurs aspects sont ainsi symbolisés dans ces rites. Accepter une communauté civique, c’est-à-dire intégrer et se soumettre à des règles d’organisation sociales fondatrices du groupe dans lequel le futur adulte va évoluer. Intégrer une identité sexuelle et un rôle lié à cette identité. Porter une histoire collective : le rite de passage se veut perpétué de générations en générations pour symboliser la permanence du lien dans la descendance ; le rite peut également vouloir transmettre un message de respect pour ce que les anciens ont pu construire et retenir comme essentiels à leur groupe et à leur devenir. Le passage à l’âge adulte peut également vouloir exiger la notion de sacrifice de l’individu pour le bien du collectif : il s’agira de faire intégrer à l’enfant son sens des responsabilités à venir, savoir renoncer à ses propres désirs pour être capable de servir un bien commun. Dans ce devoir doit également être intégré celui de devenir parent pour perpétuer la communauté d’appartenance et ses valeurs : rite de mariage ou d’enfantement. Les rites des sociétés traditionnelles peuvent être très variés : se couper les cheveux, relever un défi, connaître la douleur, utiliser des peintures symboles, sacrifier des animaux, faire ses preuves…
Devenir adulte aujourd’hui
Les rites du passage à l’âge adulte sont moins bien identifiés dans les sociétés modernes. Par exemple en France le service militaire, aujourd’hui disparu, était un processus de passage car il signifiait parfois un premier départ de la famille, une appropriation de la société sur un individu au nom du devoir. Le mariage ne formalise pas forcément le passage à la vie en couple. L’accès à l’emploi se fait plus difficile, plus tardivement, avec plus de précarité obligeant le jeune adulte à demeurer dans un statut d’enfant par manque d’indépendance financière et matérielle. Les frontières entre les générations sont moins clarifiées, notamment dans les symbolisations de représentation : jeunisme de la mode touchant les trentenaires et les générations bien au-delà. De la même façon les compétences et les connaissances peuvent être hiérarchiquement inversées, les enfants maîtrisant plus facilement les nouvelles technologies que les parents. La différenciation prend dès lors plus sa symbolisation par le langage du corps avec lequel les jeunes peuvent vouloir exprimer leur volonté de métamorphose ou de revendication à devenir différent et donc adulte par une place à se faire dans la société : tatouages et piercing pourraient être un de ces rites.
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